Libreville, 11 septembre 2026
Le ton se durcit entre l’État gabonais et certains opérateurs privés. Lors d’une visite de chantiers effectuée le 10 septembre 2026, le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a interpellé les responsables d’Airtel Gabon et de Canal+, leur demandant de passer rapidement des annonces aux réalisations concrètes, notamment en matière de construction de leurs sièges sociaux.
Face aux représentants des deux entreprises, le chef de l’État a affiché sa volonté de voir les engagements pris à l’égard du Gabon se traduire sur le terrain. Les maquettes et projets présentés lors de précédentes rencontres ne semblent plus suffire. Désormais, l’exécutif réclame des preuves tangibles du démarrage des travaux.
Des engagements désormais soumis à des résultats concrets
Airtel Gabon a particulièrement retenu l’attention du président de la République. Selon les échanges rapportés lors de cette visite, l’opérateur, présent depuis plusieurs années sur le marché gabonais, continuerait de louer ses locaux, alors que la construction d’un siège propre aurait été annoncée.
Le chef de l’État a également évoqué la question des engagements financiers de l’entreprise envers des créanciers locaux, faisant état d’un montant d’environ 20 milliards de francs CFA. Il s’est par ailleurs interrogé sur le niveau des investissements réalisés par l’opérateur au regard des bénéfices générés sur le marché gabonais.

À travers cette interpellation, le président Oligui Nguema entend ainsi rappeler aux entreprises opérant au Gabon la nécessité d’accompagner leur présence économique par des investissements structurants et durables.
Canal+ également appelé à passer à l’action
Canal+ a été soumis à la même exigence présidentielle. Le groupe audiovisuel est invité à concrétiser son projet de construction, au-delà des présentations et engagements formulés jusqu’ici.
Pour illustrer la fermeté de sa position, le président gabonais a notamment évoqué le précédent du Burkina Faso, où les activités de Canal+ avaient été temporairement suspendues avant une renégociation. Une référence qui traduit la volonté des autorités gabonaises de ne plus laisser les engagements annoncés sans suite.
Le message présidentiel est donc clair : les opérateurs économiques sont appelés à respecter leurs engagements et à contribuer davantage au développement du pays.
L’État entend renforcer ses exigences vis-à-vis des investisseurs.
Au-delà des cas particuliers d’Airtel et de Canal+, cette séquence s’inscrit dans une volonté plus large des autorités gabonaises de renforcer les exigences liées à l’investissement privé. Le gouvernement entend notamment privilégier les partenariats susceptibles de produire des retombées concrètes pour l’économie nationale et les populations.
La menace évoquée d’un retrait des terrains concédés par l’État, voire de sanctions pouvant aller jusqu’à la remise en cause de certaines activités, devra toutefois être appréciée au regard des conventions, contrats et dispositions juridiques applicables.
Pour Airtel comme pour Canal+, la prochaine étape sera donc déterminante. L’enjeu est désormais de transformer les engagements annoncés en chantiers effectivement lancés, sous le regard attentif des autorités gabonaises.
Leave a comment