Face à la mobilisation des demandeurs d’emploi, la ministre de la Fonction publique, Laurence Ndong, a rappelé qu’un poste budgétaire ne constitue pas un recrutement automatique. Une mise au point qui relance le débat sur l’emploi public, l’adéquation des compétences et les perspectives offertes aux jeunes Gabonais.
La tension autour de l’emploi public remet au premier plan une réalité souvent occultée : l’État ne peut pas absorber l’ensemble des demandeurs d’emploi dans la Fonction publique.
En réaction au mouvement d’humeur des chômeurs, la ministre Laurence Ndong a défendu une approche fondée sur les besoins de l’administration et les compétences des candidats.
L’annonce de 1 500 postes budgétaires dans les secteurs de l’éducation et de la santé ne signifie donc pas 1 500 recrutements automatiques. Chaque poste répond à un besoin précis et doit être pourvu par un candidat disposant du profil et des qualifications requis.
Cette précision est d’autant plus importante que certains demandeurs d’emploi issus de filières telles que les relations internationales, la logistique, la banque-assurance, les télécommunications ou encore la gestion ne correspondent pas nécessairement aux profils recherchés dans l’enseignement ou la santé.
Pour la ministre, le diplôme, à lui seul, ne saurait constituer un droit au recrutement. La Fonction publique doit rester fondée sur les compétences, les besoins réels et, lorsque cela est prévu, des procédures de sélection transparentes.
L’emploi public ne peut être l’unique réponse au chômage

Au-delà de la polémique, le débat pose une question de fond : quelle stratégie pour lutter durablement contre le chômage au Gabon ? L’administration ne pouvant absorber tous les demandeurs d’emploi, les pouvoirs publics sont également appelés à favoriser l’entrepreneuriat, l’investissement privé, la formation professionnelle et la création d’emplois durables.
La colère des chômeurs est légitime au regard des difficultés d’insertion professionnelle. Mais elle ne saurait justifier, à elle seule, des recrutements qui ne répondraient ni aux besoins de l’État ni aux qualifications des candidats.
En rappelant ces principes, Laurence Ndong entend replacer le débat sur l’emploi public sur le terrain des compétences, de la transparence et de l’intérêt général. Une exigence qui, au-delà des revendications immédiates, pose la question d’une politique d’emploi capable d’offrir aux jeunes Gabonais autre chose qu’une perspective limitée à l’accès à la Fonction publique.
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