À l’approche de l’élection du Grand Maître prévue pour la fin de l’année, la Grande Loge du Gabon (GLG) traverse une période de fortes turbulences. Contestations autour de la gouvernance, sanctions disciplinaires et difficultés financières alimentent un climat de crispation au sein de cette obédience maçonnique influente dans les milieux politiques et économiques du pays.
Des critiques croissantes sur la gouvernance
Selon des informations rapportées par Africa Intelligence, l’organisation serait confrontée à des dissensions internes grandissantes. Plusieurs membres expriment des réserves sur la gestion actuelle de l’obédience, évoquant des tensions persistantes et un fonctionnement fragilisé.
L’actuel Grand Maître, Jacques-Denis Tsanga, également gouverneur du Haut-Ogooué, devrait théoriquement être reconduit pour un second mandat de trois ans lors de l’échéance électorale. Sa capacité à constituer un collège électoral favorable, validé par le Conseil des Anciens, lui conférerait un avantage décisif. Toutefois, cette perspective suscite des contestations au sein de certaines loges.
Des réformes qui divisent
Depuis son arrivée à la tête de la GLG en 2023, Jacques-Denis Tsanga a engagé plusieurs réformes visant à restructurer et à redynamiser l’obédience, après une période où celle-ci était jugée plus distante sous l’influence de l’ancien président Ali Bongo Ondimba, alors affaibli par des problèmes de santé.
Ces réformes se sont toutefois accompagnées de sanctions disciplinaires qui ont alimenté un certain malaise interne. Parmi les décisions controversées figurent notamment la suppression de plusieurs concordats et rites parallèles, ainsi que la suspension de certains membres.
Des incidents marquants
Deux épisodes ont particulièrement marqué le mandat actuel. En février, lors de l’hommage rendu à l’ancien ministre Emmanuel Ondo Methogo, plusieurs membres se seraient présentés sans leur tenue rituelle, en contradiction avec les usages maçonniques.
Plus significative encore est la radiation de Rodrigue Ekomi Ndoume à la fin de l’année 2025. Cette sanction, rare dans l’histoire récente de l’obédience, lui interdit désormais l’accès aux loges étrangères. Elle aurait été décidée après des propos jugés déplacés à l’encontre du Grand Maître devant des délégations étrangères.
Des difficultés financières
Parallèlement à ces tensions internes, la GLG ferait face à des contraintes financières accrues. Selon Africa Intelligence, l’obédience ne bénéficierait plus du soutien financier dont elle disposait sous l’ancien chef de l’État Ali Bongo Ondimba.
Le président actuel, Brice Clotaire Oligui Nguema, serait en effet beaucoup moins impliqué dans les questions maçonniques. Pour tenter de diversifier ses ressources, la Grande Loge aurait lancé un projet de construction de boutiques autour de son siège à Libreville afin de générer des revenus locatifs.
Une élection sous tension
À quelques mois de l’élection du Grand Maître, ce climat de tensions et d’incertitudes financières pourrait peser sur la stabilité de l’obédience. L’échéance électorale s’annonce ainsi déterminante pour l’avenir de la Grande Loge du Gabon et pour l’équilibre de ses instances dirigeantes.
source : GMT
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